Difficile de parler football ces temps-ci. L'Equipe Mag de cette semaine consacre un sujet à Brice Taton. Dans son papier, Jean-Philippe Leclaire conclue (qu') "Au lendemain de la catastrophe du Heysel, l'Europe du football avait clamé un vigoureux "plus jamais ça ! ". A l'époque, Michel Platini était encore joueur. Vingt-quatre ans et quelques mois plus tard, l'ex-numéro 10 de la Juventus est devenu président de l'UEFA. A propos de la mort de Brice, il a parlé d' "un terrible crime". Il est de notre responsabilité à tous que ce crime-là ne soit jamais oublié."
Oublié, Brice ne le sera jamais. Malheureusement il a fallu qu'il nous quitte pour que tous ceux que le football a de dirigeants se rappellent que le mal n'est pas guéri. Les autorités serbes et du Partizan ne connaissent-elles pas ces mouvements d'ultra-violence ? Ne pouvaient-elles pas mettre en garde le TFC et ses supporters sur les risques d'un tel déplacement ? Vraisemblablement non, c'était trop demandé. Au risque d'enfoncer une porte ouverte, il est regrettable qu'il faille un décès pour que le sujet soit évoqué en place publique. Le 18 septembre, quasiment aucun média ne parlait de cette agression. Mardi dernier, ils étaient tous en boucle. C'est vrai pour Brice mais aussi pour cette jeune femme agressée dans un bois par un délinquant sexuel. Il a fallu qu'elle nous quitte pour que les instances judiciaires se penchent sur le problème. Triste ...
Toujours dans l'Equipe Mag, on peut y lire l'interview du leader d'un groupe d'ultras du Partizan Predrag Simic. Ce dernier, à la question irez-vous au match à Toulouse, répond "Oui je m'y rendrai avec mes amis et l'on verra jusqu'où va la tolérance française". Ce type est un abruti pour rester poli. Rien interdit aux serbes de faire le déplacement mais un peu de bon sens aurait voulu que les "supporters" (ce type est-il vraiment un supporter ?) prennent la décision de rester chez eux. La situation est assez délicate pour venir rajouter de l'huile sur le feu. Si les supporters toulousains, au premier rang desquels les Indians (groupe dont Brice était membre) ne feront rien, il y aura toujours une vingtaine de cons attirée par la bagarre et l'odeur de sang. Mais comme c'est ça qui les intéressent ...
Pour finir sur une note positive, on salue la superbe initiative du TFC et d'Olivier Sadran qui offrira les recettes du match face à Lorient à la famille de Brice Taton. L'accès au Stadium sera gratuit cet après-midi. Les dons à la famille seront facilités. Un bel hommage dans la lignée de celui de jeudi face à Bruges.